Le 4 octobre 1957, l’Union soviétique lance Spoutnik 1 grâce à la fusée R-7 de l’ingénieur Sergueï Korolev. Face au retard accumulé sur le projet initial, un satellite géant baptisé « Objet D », Korolev conçoit en deux mois un engin minimaliste : une sphère polie en alliage d’aluminium AMG6T de 58 centimètres, pesant 83,6 kilogrammes, équipée de quatre antennes et de deux émetteurs radio de 1 watt.
Dépourvu d’appareils scientifiques complexes, le satellite se contente de diffuser un signal pulsé pendant 22 jours, jusqu’à l’épuisement de ses batteries le 26 octobre 1957. Ses quatre antennes disposées selon un angle de 35° transmettaient un signal pulsé de 0,4 secondes sous 1 watt de puissance sur deux fréquences de 20,005 et 40,002 MHz. Ce choix stratégique permet aux radioamateurs du monde entier de capter le célèbre « bip-bip » depuis leur salon, prouvant l’exploit soviétique à la planète entière. Fait notable : ce n’était pas le minuscule Spoutnik qui était visible à l’œil nu dans le ciel, mais le dernier étage de la fusée qui l’accompagnait. Après 96 minutes par orbite et trois mois dans l’espace, l’engin se consume dans l’atmosphère le 4 janvier 1958.
Totalement inattendu par les services de renseignement américains, ce lancement provoque un choc géopolitique majeur aux États-Unis, qualifié par le New York Times de « Pearl Harbor technologique ». En réaction à cette menace et à la peur d’une suprématie nucléaire soviétique, Washington fonde la NASA et lance son propre satellite, Explorer 1, le 31 janvier 1958, déclenchant officiellement la course à l’espace.





